Des nouvelles d'Alain Samson
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Des nouvelles d'Alain Samson
Un extrait de "Bâtir la confiance"
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Pour info : www.alainsamson.com/conference-batir-la-confiance.html
Chapitre 1 Le rôle vital de la confiance La confiance, ce lien invisible. Il existe dans nos vies un fil invisible qui relie les individus entre eux. On ne le voit pas, mais on le sent. C'est ce fil qui nous permet de dormir tranquille en sachant que nos proches veillent sur nous. c'est lui qui nous pousse à donner notre carte bancaire en ligne sans craindre d'être immédiatement floué c'est encore lui qui permet à des centaines de personnes de monter à bord d'un avion sans se demander si le pilote est compétent ou non Ce fil, c'est la confiance. La confiance, c'est ce qui rend possible la vie en société. Sans elle, chaque transaction, chaque relation, chaque échange serait miné par la peur et la suspicion. Elle est le ciment qui permet à nos existences de tenir debout. Une évidence qu'on oublie. Parce qu'elle est si omniprésente, nous oublions souvent de la remarquer. Quand tu manges un repas au restaurant, tu fais confiance au cuisinier que tu ne connais pas. Quand tu envoies ton enfant à l'école, tu fais confiance à des enseignants et à une institution pour l'accompagner et le protéger. Quand tu prends un médicament, tu fais confiance à des chercheurs, des pharmaciens, des médecins et à un système de régulation. La confiance est partout. Et tant qu'elle est là, on n'y pense pas. Ce n'est que lorsqu'elle se fissure que nous prenons conscience de son rôle vital. Quand la confiance s'effondre, pensons au moment où elle disparaît. Dans un couple, quand une infidélité est révélée. Dans une entreprise, quand une promesse de sécurité d'emploi est trahie. Dans une société, quand les citoyens découvrent que leurs dirigeants leur ont menti. L'impact est immédiat et profond. Le doute s'installe, la peur prend la place de la sérénité, les comportements changent, on se replie, on se protège, on cherche des preuves avant de croire. Un proverbe africain dit « La confiance arrive à pied et repart à cheval ». On pourrait même dire « Elle arrive lentement, mais peut s'enfuir au galop ». Pourquoi elle est vitale
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SPEAKER_00La confiance est vitale pour trois raisons majeures. 1. Elle réduit la complexité de la vie. Le monde est trop vaste et trop incertain pour que nous vérifions tout par nous-mêmes. La confiance nous permet d'avancer sans tout contrôler. 2. Elle accélère la coopération. Dans une équipe où chacun se méfie, les décisions prennent des semaines. Là où règne la confiance, quelques minutes suffisent. 3. Elle nourrit notre bien-être. Vivre dans un climat de confiance diminue le stress, favorise l'ouverture et stimule la créativité. La méfiance chronique, au contraire, épuise et isole. Confiance personnelle et confiance institutionnelle. Il existe deux grandes formes de confiance. La confiance interpersonnelle, celle qui se vit dans nos relations directes, couples, familles, amis, collègues. Et la confiance institutionnelle, celle que nous accordons aux organisations, entreprises, gouvernements, associations, banques, médias. Ces deux dimensions s'influencent. Quand les institutions trahissent, les individus deviennent plus méfiants dans leurs relations privées. Et quand les gens ne savent plus faire confiance à leur entourage, ils peinent aussi à croire aux grandes structures. Les bénéfices invisibles Une équipe qui se fait confiance avance plus vite. Un couple qui se fait confiance discute plus librement. Une société où la confiance règne consacre moins de ressources à la surveillance et davantage à l'innovation. Exemple frappant. Les pays nordiques, réputés pour leur haut niveau de confiance sociale, investissent moins dans le contrôle administratif et davantage dans l'éducation et le bien-être collectif. Résultat, des sociétés plus harmonieuses, plus productives et plus heureuses. À l'inverse, dans les contextes de méfiance, chaque pas coûte plus cher. Contre plus long, procédure plus lourde, contrôle plus fréquent. Ce que la science nous dit Les chercheurs en psychologie et en économie comportementale ont longuement étudié la confiance. Robert Putman dans son ouvrage Bowling Alone, démontre comment le capital social, c'est-à-dire les réseaux de confiance entre individus, influencent directement la prospérité économique et la cohésion sociale. Francis Fukuyama, dans Thrust, explique que les sociétés à haut niveau de confiance réussissent mieux économiquement car elles réduisent les coûts de transaction. En neurosciences, on observe que la confiance active l'ocytocine, souvent appelée hormone du lien, qui apaise et favorise la coopération. Bref, la confiance n'est pas qu'un idéal moral, c'est une réalité mesurable qui a des effets tangibles sur nos vies. Les coûts de la méfiance. À l'inverse, la méfiance génère des coûts financiers, plus de contrats, plus d'avocats, plus de prothèses de huile, des coûts humains, anxiété, isolement, démotivation, des coûts sociaux, polarisation, division, violence. On peut presque dire que la méfiance est un impôt invisible qui gruge l'énergie collective. Une affaire de moment clé. La confiance ne se joue pas seulement sur la durée, mais aussi dans certains moments décisifs. Le premier rendez-vous amoureux. Le premier jour dans une nouvelle équipe. La première fois qu'un leader doit annoncer une mauvaise nouvelle. Ses instants fonctionnent comme des carrefours. Bien géré, il renforce la confiance. Mal géré, il la mine durablement. Un enjeu personnel. Enfin, n'oublions pas la confiance en soi. La relation que nous entretenons avec nous-mêmes est le socle de toutes les autres. Si je ne crois pas en ma propre valeur, je chercherai constamment des preuves extérieures et j'aurai du mal à inspirer confiance. Bâtir la confiance, c'est donc aussi apprendre à honorer ses propres promesses, à se respecter soi-même et à cultiver la cohérence intérieure. Mise en situation, imagine deux collègues, Julie et Karine. Julie fait confiance spontanément. Elle croit que les gens en général ont de bonnes intentions. Cela ne l'empêche pas d'être vigilante, mais son attitude d'ouverture facilite les collaborations. Karim, lui, est méfiant. Il suppose que les autres cherchent à profiter de lui. Il multiplie les vérifications, demande des preuves à chaque étape et retarde les projets. À la fin, Julie gagne du temps, attire les alliés et crée un climat agréable. Karim, malgré son intelligence et ses compétences, épuise son entourage et finit isolé. Le contraste illustre bien la puissance invisible de la confiance. Elle ouvre des portes ou les ferme. En résumé, la confiance est un lien invisible, mais essentiel. Elle réduit la complexité de la vie, accélère la coopération et nourrit notre bien-être. Elle est à la fois interpersonnelle et institutionnelle. Ses bénéfices sont immenses, ses coûts d'absence colossaux. Elle se construit dans le temps, mais aussi dans des moments clés. Elle commence par la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Conclusion du chapitre La confiance est bien plus qu'une valeur morale ou un luxe relationnel. Elle est la condition même de la vie en société. Elle se retrouve dans chaque détail de nos existences, du repas au restaurant jusqu'au choix politique. Ce premier chapitre nous rappelle une vérité simple, nous sommes tous des bâtisseurs ou des destructeurs de confiance. À chaque geste, à chaque parole, nous contribuons à renforcer ou à affaiblir ce capital invisible. Dans les prochains chapitres, nous explorerons comment gagner cette confiance si précieuse, comment la protéger au fil du temps et comment la reconstruire lorsqu'elle est brisée.